Introduction au financement investissement réméré

Financement investissement réméré : peut-on utiliser un crédit immobilier ?

Temps de lecture : ~7 min

  1. Ce qu’est réellement un investissement en réméré
  2. Pourquoi le financement bancaire classique s’adapte mal à ce montage
  3. Un investissement en fonds propres, pour quel profil d’investisseur ?
  4. La rentabilité du réméré justifie-t-elle un apport en capital ?
  5. À faire et à ne pas faire avant d’investir en réméré
  6. FAQ
  7. Le crédit immobilier reste inadapté au financement du réméré

L’investissement en réméré suscite un intérêt croissant parmi les investisseurs patrimoniaux qui cherchent à diversifier leur portefeuille au-delà de l’immobilier locatif classique. Mais une question revient régulièrement lors des premières discussions avec La Maison du Réméré : est-il possible de financer cet investissement à crédit, comme on le ferait pour l’achat d’un appartement destiné à la location ? La réponse mérite d’être nuancée, car le financement investissement réméré obéit à une logique bien différente de celle d’un achat immobilier traditionnel. Comprendre cette particularité, c’est aussi mieux cerner le profil d’investisseur auquel ce type d’opération s’adresse réellement.

Ce qu’est réellement un investissement en réméré

La mécanique d’une opération en réméré

Avant d’aborder la question du financement, il est utile de rappeler brièvement la mécanique de l’opération. Dans un montage en réméré (également appelé portage immobilier), un propriétaire vend temporairement son bien à un investisseur tout en conservant une faculté de rachat exclusive, à un prix fixé dès la signature de l’acte notarié. La durée maximale de cette faculté de rachat est de cinq ans, conformément aux articles 1659 à 1673 du Code civil. Pendant toute la durée de l’opération, le propriétaire reste occupant du bien et verse une indemnité d’occupation définie contractuellement.

financement investissement réméré

Pour l’investisseur, le montage présente une double source de rémunération : d’une part, l’indemnité d’occupation perçue chaque mois, et d’autre part, la décote appliquée au prix d’acquisition, qui se situe généralement entre 25 % et 40 % de la valeur vénale du bien. Si le propriétaire exerce sa faculté de rachat, l’investisseur réalise une plus-value mécanique liée à la différence entre le prix de vente initial et le prix de rachat convenu. Si le propriétaire ne rachète pas dans le délai imparti, l’investisseur devient propriétaire définitif du bien et peut le revendre librement au prix de marché.

Ce mécanisme est encadré par un acte authentique rédigé devant notaire, ce qui confère à l’opération une solide sécurisation juridique. Pour en savoir plus sur les fondements légaux de ce dispositif, vous pouvez consulter les articles du Code civil relatifs à la vente à réméré.

Pourquoi le financement bancaire classique s’adapte mal à ce montage

La question du crédit immobilier pour financer un investissement en portage immobilier est légitime. Après tout, un investisseur qui achète un bien locatif peut généralement recourir à l’effet de levier bancaire pour optimiser son rendement. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour le réméré ?

Plusieurs raisons structurelles expliquent pourquoi les banques se montrent réticentes, voire opposées, à financer ce type d’acquisition.

Premièrement, la nature même de l’opération pose problème du point de vue bancaire. Lorsqu’une banque accorde un crédit immobilier, elle prend une garantie hypothécaire sur le bien financé. Or, dans un montage en réméré, le bien est grevé d’une faculté de rachat au profit du vendeur. Cette clause, inscrite à l’acte notarié, crée une incertitude sur la pérennité de la propriété de l’investisseur : si le vendeur exerce son droit de rachat, l’investisseur n’est plus propriétaire du bien, ce qui prive la banque de sa garantie. Peu d’établissements bancaires acceptent de prendre ce risque.

Deuxièmement, la durée de l’opération entre rarement en cohérence avec les durées de crédit standard. Un prêt immobilier classique s’étale sur quinze, vingt ou vingt-cinq ans, alors qu’un portage immobilier se conclut en principe sur une période de douze à soixante mois. La banque ne dispose donc pas d’un horizon de remboursement compatible avec ses propres contraintes de gestion du risque.

Troisièmement, les banques ne disposent pas de grille d’analyse adaptée à ce produit. Elles évaluent un investissement locatif à partir des loyers prévisionnels, du taux d’occupation, de la localisation et de la valeur de revente. L’indemnité d’occupation perçue dans un réméré n’est pas assimilée à un loyer au sens bancaire du terme, et le scénario de sortie (rachat ou revente) reste incertain au moment de l’instruction du dossier.

En pratique, le financement investissement réméré par emprunt bancaire reste donc marginal, voire inexistant dans les montages habituels. Cela ne signifie pas que l’opération est risquée pour autant : cela signifie simplement qu’elle repose sur une autre logique de capital.

Un investissement en fonds propres, pour quel profil d’investisseur ?

Le réméré est, par nature, un investissement en capital propre. L’investisseur mobilise ses liquidités disponibles pour acquérir le bien, sans recourir à l’endettement. Cette caractéristique n’est pas une contrainte anecdotique : elle définit précisément le profil des investisseurs auxquels ce dispositif s’adresse.

Les opérations en réméré concernent généralement des biens dont la valeur vénale se situe entre 150 000 euros et plusieurs millions d’euros. Compte tenu de la décote appliquée (entre 25 % et 40 % de la valeur de marché), le capital effectivement mobilisé par l’investisseur peut varier de 100 000 euros à plusieurs centaines de milliers d’euros par opération. Ce niveau d’engagement exclut de fait les primo-investisseurs ou les profils à faible capacité d’apport ( sauf en cas de co-indivision).

L’investisseur type en réméré est souvent un entrepreneur, un dirigeant d’entreprise ou un investisseur patrimonial disposant de liquidités importantes, parfois issues d’une cession d’entreprise, d’un héritage ou d’un portefeuille immobilier déjà constitué. Il cherche à faire travailler son capital de manière efficiente, sans les contraintes de gestion locative classique (vacance, travaux, impayés de loyers), tout en bénéficiant d’une sécurisation par l’actif immobilier.

Le fait d’investir en fonds propres n’est pas vécu comme une limite, mais comme une caractéristique du produit qui en renforce la cohérence patrimoniale. Pour mieux comprendre les avantages du réméré pour les investisseurs, il est utile d’examiner la structure de rendement de l’opération.

La rentabilité du réméré justifie-t-elle un apport en capital ?

La structure de rendement du portage immobilier

L’absence d’effet de levier bancaire soulève une question légitime : sans crédit, le rendement net est-il suffisamment attractif pour justifier l’immobilisation de capital ? la réponse est OUI !

financement investissement réméré

Ce rendement se construit sur plusieurs composantes. L’indemnité d’occupation constitue un flux de trésorerie régulier, comparable à un loyer, mais sans les aléas de la gestion locative. La décote à l’acquisition crée une marge de sécurité immédiate sur la valeur du bien. Enfin, le prix de rachat, fixé contractuellement dès le départ, génère une plus-value certaine si le propriétaire exerce sa faculté de rachat dans les délais.

Par ailleurs, l’investisseur en réméré ne supporte pas les charges habituelles d’un bailleur : pas de taxe foncière (dans la plupart des montages), pas de frais de gestion locative, pas de risque de vacance. Le capital investi est adossé à un actif tangible dont la valeur de marché est supérieure au prix d’acquisition, ce qui constitue un filet de sécurité structurel.

Les spécificités fiscales de l’investissement en réméré

Il est également important de noter que le réméré ne génère pas de réintégration des amortissements à la sortie, ce qui constitue un avantage fiscal non négligeable par rapport à certains dispositifs d’investissement immobilier. Pour approfondir ce point, vous pouvez consulter l’article dédié de La Maison du Réméré sur l’absence de réintégration des amortissements.

À faire et à ne pas faire avant d’investir en réméré

À faire

Point Recommandation
Valeur vénale La société de Portage fait appel à un agent immobilier local et au notaire
Acte notarié Fixer précisément le prix de rachat, la durée, l’indemnité d’occupation et les conditions de sortie.
Capacité de rachat Évaluer le scénario probable pour calibrer les sorties possibles.
Opérateur spécialisé Travailler avec un professionnel expérimenté comme La Maison du Réméré.

À ne pas faire

Point Risque à éviter
Liquidité Ne pas considérer l’opération comme un placement liquide à court terme.
Juridique Ne pas penser que l’acte notarié suffit à tout couvrir.
Concentration Ne pas multiplier les opérations sans diversifier les zones et les typologies.
Risque Ne pas confondre sécurisation par l’actif et absence totale de risque.

FAQ

Le réméré est-il accessible à un investisseur qui souhaite utiliser une SCI ou une holding ?

Oui, il est tout à fait possible d’investir en réméré via une structure sociétaire comme une SCI ou une holding patrimoniale. Ce type de montage est même fréquent chez les investisseurs patrimoniaux qui souhaitent optimiser la détention et la transmission des actifs. La structure juridique retenue doit cependant être validée en amont avec un notaire et, le cas échéant, un conseiller fiscal, pour s’assurer de la cohérence avec la stratégie globale de l’investisseur.

financement investissement réméré

Quelle est la différence entre le réméré et le portage immobilier solidaire ?

Les deux termes désignent le même mécanisme juridique, fondé sur la faculté de rachat encadrée par le Code civil. La notion de « portage immobilier solidaire » met davantage l’accent sur la dimension humaine et sociale de l’opération : elle permet à un propriétaire de traverser une période difficile sans perdre définitivement son bien, tout en offrant à l’investisseur un rendement attractif. La Maison du Réméré développe cette approche dans son article sur le réméré comme investissement solidaire de demain.

Que se passe-t-il si le propriétaire ne rachète pas son bien dans le délai prévu ?

Si le propriétaire n’exerce pas sa faculté de rachat ou ne vend pas son bien avant l’échéance contractuelle, l’investisseur devient propriétaire définitif et libre du bien. Il peut alors choisir de le conserver, de le louer ou de le revendre sur le marché. Dans ce scénario, l’investisseur bénéficie d’un bien acquis à une décote significative par rapport à sa valeur de marché, ce qui lui offre une marge confortable à la revente. Ce scénario de sortie fait partie intégrante de l’analyse de chaque dossier chez La Maison du Réméré.

Financement et investissement en réméré : un équilibre à trouver

Dans la pratique, le financement investissement réméré repose quasi exclusivement sur des fonds propres, l’emprunt bancaire classique étant difficile à mobiliser pour ce type de montage. Il s’agit donc moins de rechercher un crédit immobilier que de réfléchir à la manière dont cet investissement en réméré s’intègre dans une stratégie patrimoniale globale et dans la diversification d’un portefeuille.

Le crédit immobilier reste inadapté au financement du réméré

En résumé, le financement d’un investissement en réméré par crédit immobilier classique se heurte à des obstacles structurels qui le rendent quasiment inaccessible dans la pratique. Ce dispositif est conçu pour des investisseurs capables de mobiliser des fonds propres significatifs, en contrepartie d’un rendement net attractif, d’une sécurisation par l’actif et d’une gestion simplifiée par rapport à l’immobilier locatif traditionnel. Loin d’être une contrainte rédhibitoire, cette caractéristique contribue à définir un profil d’investisseur cohérent avec les exigences et les opportunités du portage immobilier.

Pour aller plus loin et découvrir comment intégrer ce type d’opération dans votre stratégie patrimoniale, consultez le guide complet pour comprendre le réméré et maximiser votre rentabilité.